Dons et raison humaine

« Notons pourtant une chose : si, dans la pensée de l’Aquinate, l’action fondée sur une inspiration divine dépasse la valeur de l’action selon la raison, les deux types d’agir ne semblent pas entrer en opposition. En effet, le plan supra-rationnel repose sur celui de la raison et c’est le même Esprit qui est aux raçines des deux (408). Si l’ordre de la raison humaine est imparfait, l’inspiration divine à travers les dons vient justement le parfaire et à l’élever et non pas le remplacer, encore moins s’opposer à lui (409). »

(408) « Spmtus emm sanctus movet humanam mentem ad id quod est secundum rationnem, vel potius ad id quod est supra rationem. .. ». STh I-II, q. 70, art. 4, resp. lb., p 295

(409) M.-M. LABOURDETTE a noté chez Thomas une évolution à ce propos. Dans les Sentences Thomas ne parvient pas encore à une vision harmonieuse entre vertus et dons. En revanche, dans la Prima Secundae de la Summa Theologiae, il conçoit déjà les deux réalités en véritable collaboration. La modalité humaine de l’action, dirigée par la raison à travers les vertus, est divinisée grâce aux dons du Saint-Esprit. Cf. « Dons du Saint-Esprit. IV. Saint Thomas et la théologie thomiste », DSAM, t. III, col. 1624ss.

Tibor Bartók s.j.
« Un interprète et une interprétation de l’identité jésuite », Grigorian & Biblical Press, 2016, p. 567