… les yeux vides de Kessel

« Gerbier accompagnait Legrain à son travail. Ils allaient lentement et Gerbier disait:
– Tu comprends, ils sont venus dans leurs chars, avec leurs yeux vides. Ils pensaient que les chenilles des chars sont faites pour tracer la nouvelle loi des peuples. Comme ils avaient fabriqué beaucoup de chars, ils avaient l’assurance d’être nés pour écrire cette loi. Ils ont en horreur la liberté, la pensée. Leur vrai but de guerre c’est la mort de l’homme pensant, de l’homme libre. Ils veulent exterminer tout ce qui n’a pas les yeux vides. »

Kessel, « L’Armée des ombres », texte cité par Grégoire Paepegaey