Était-ce toi ? De profondis d’Emmaüs

De profundis : au plus profond de la fosse, un psaume (?) écrit par Magali C. Calise[1]
Publié ce Dimanche 13 Août sur le blog artemise74.wordpress.com
La bouche ouverte remplie de cendres, je m’étouffais en cris silencieux.

L’Aurore venait mais je ne la recevais pas dans ma bouche : il n’y avait alors pour moi ni matin ni possible espérance .

Poussière errante ne sachant plus me diriger, j’avais mes deux pieds dans la tombe, le corps à moitié enseveli : vivre sans être vivante.

Une lumière étincelante comme la lame d’un couteau vint fouiller mes yeux. Alors je vis : un désert de désolations jonché d’aciers tordus, graissés de chairs et de sang ; une terre empoisonnée couverte de sépultures, entourée de murs ; l’Humanité ployée, pliée sous son manteau de sang.

La main ferme et tendre posée sur ma jugulaire, stoppant les hémorragies : était-ce Toi ?

Les bras qui enveloppaient mes épaules quand mes yeux versaient des larmes de sang : était-ce Toi ?

La présence discrète qui marchait à mes côtés alors, était-ce Toi ?

La douce clarté de l’Aurore que je commençais à entrevoir, est-ce Toi ?

La caresse du Soleil que je commençais à sentir sur ma peau, est-ce Toi ?

Le souffle bienfaisant qui vint regonfler mes poumons : est-ce Toi ?

Les sourires des visages rencontrés au hasard des rues : est-ce Toi ?

Peut-être est-ce Toi ? Et pour moi, tu restes à cette heure tout entier dans ce « peut-être ».
Sur le chemin d’Emmaüs

Ce même jour, deux disciples se rendaient à un village appelé Emmaüs, 
qui se trouvait à environ onze kilomètres de Jérusalem. Ils parlaient

de tout ce qui s’était passé. Pendant qu’ils parlaient et discutaient,
Jésus lui-même s’approcha et fit route avec eux. Ils le voyaient,

mais quelque chose les empêchaient de le reconnaître.

Luc (24, 13-16)
[1] Ce texte a été écrit sur la période du 2 au 7 août 2017 à Joigny (Yonne), au sein du centre spirituel Sophie Barat, dans le cadre d’une retraite d’initiation aux exercices spirituels d’Ignace de Loyola. Lors des temps d’accompagnement spirituel individuel, mon accompagnatrice – Aurore – m’encouragea à écrire au sujet de la dépression que j’avais traversée de mars à fin juillet 2017.