Faust I + II

à LA FABRICA, les 11,13 et 14 juillet 2013 dans le cadre du Festival d’Avignon
durée 8h30 entractes compris
spectacle en allemand surtitré en français – première en France

w_130711_rdl_0819w_130711_rdl_0854w_130711_rdl_0863w_130711_rdl_0941w_130711_rdl_1113w_130712_rdl_1128w_130712_rdl_1149

Photos : Faust I + II © Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon

 

Distribution

mise en scène Nicolas Stemann
dramaturgie Benjamin von Blomberg
scénographie Thomas Dreißigacker, Nicolas Stemann
musique Thomas Kürstner, Sebastian Vogel
lumière Paulus Vogt
vidéo Claudia Lehmann
caméra live Eike Zuleeg
costumes Marysol del Castillo
marionnettes Felix Loycke et Florian Loycke / Das Helmi
chorégraphie Franz Rogowski
arrangements Burkhard Niggemeier, Sven Kaiser

avec
Faust I Philipp Hochmair, Sebastian Rudolph, Patrycia Ziolkowska
Faust II Philipp Hochmair, Barbara Nüsse, Josef Ostendorf, Franz Rogowski, Sebastian Rudolph, Birte Schnöink, Patrycia Ziolkowska
les chanteurs Friederike Harmsen, Esra Pereira Köster
le danseur Franz Rogowski
les musiciens Thomas Kürstner, Burkhard Niggemeier, Sebastian Vogel
le marionnettiste Felix Loycke (Faust II)
et la participation de Sebastian Brühl, Henrik Giese,
Erik Liedtke, Christian Meyer,
Martin Torke, Dominik Velz

 

Production

production Thalia Theater
coproduction Salzburger Festspiele
avec le soutien de Kulturbehörde Hamburg, du Senatskanzlei Hamburg et de CMA CGM

 

 

Présentation pour le Festival d’Avignon

Le public français a rarement eu l’occasion de voir monté le Faust de Goethe dans son intégralité. Plus qu’ambitieux, le projet de mettre en scène le classique par excellence de la littérature allemande semble être condamné à l’échec, tant Faust II se refuse au premier abord au théâtre, rassemblant les genres les plus opposés, les langages et les rythmes les plus différents. Il ne fallait rien de moins que la fougue talentueuse de Nicolas Stemann et de son équipe, formés à l’école postdramatique, pour être à la hauteur de cette écriture extrêmement peu conventionnelle. Passant de l’opérette à la tragédie, du show télévisé au monde onirique et fantastique, l’énergie méphistophélienne du marathon scénique qu’ils nous proposent déborde des cadres traditionnels du théâtre, le réduisant à un monologue intimiste ou le gonflant jusqu’à atteindre une sorte d’agit-prop. En huit heures de spectacle menées tambour battant, Faust I + II s’interroge sur les significations actuelles d’un pacte passé avec le diable et entreprend un vertigineux voyage théâtral dans les profondeurs psychologiques, politiques et économiques de l’humanité. S’ouvrant sur la tragédie de Marguerite, jeune fille séduite par Faust, démontrant l’ambivalence du désir amoureux, la perspective faustienne nous conduit dans le « grand monde », où le divertissement se mêle aux questions économiques, politiques et scientifiques. Écrite aux débuts de la révolution industrielle, la pièce de Goethe critique avec une incroyable lucidité le monde qui est aujourd’hui le nôtre : son économie financiarisée, dont l’apparente rationalité ne repose que sur la croyance avide du plus grand nombre et l’irrespect de nos sociétés face à la nature, qui mène irrémédiablement à la catastrophe écologique. Généalogie du monde contemporain, Faust I + II est une trépidante nuit de Walpurgis, dans laquelle le spectateur est aspiré et s’amuse, sans cesser de s’interroger sur les raisons de son propre divertissement. MS

Tragédie en deux parties, réputée impossible à monter en raison de sa densité, le Faust de Goethe (1749-1832) est tout autant le classique par excellence que son exact contraire, tant son anarchie réjouissante reste rebelle à toute tentative de classification. Passant du microcosme de Faust I au macrocosme de Faust II, Goethe, qui sans cesse remit cette seconde pièce à l’ouvrage, au point qu’elle ne fut publiée qu’à titre posthume, nous donne à voir, le temps de la vie de Faust, les conséquences réelles d’un pacte passé avec le diable. Du drame amoureux aux catastrophes économiques, politiques et écologiques, c’est la démesure de l’homme et de notre modernité qui est ici dénoncée.

umsnjip-2013-avignon-50

Entretien avec Nicolas Stemann