Veiller comme un portier

Veillez… comme un portier !

Dans ce premier dimanche de l’Avent (année B), St Marc nous invite à rester éveillés pour veiller et accueillir le Sauveur quand il viendra, à la manière d’un maître qui retrouve les siens.

L’éveil est une condition de cette attente, et l’attente, active, fait passer de l’éveil à la veille. Veiller, c’est être attentif, tous nos sens en éveil, à ce qui peut se passer, advenir. Ici : la venue toute proche de quelqu’un que nous reconnaitrons car il ne nous est pas étranger. Veillez !

Mais comment veiller, concrètement ? A quoi être plus particulièrement attentifs ? Et quelle est notre charge ?

St Marc donne une indication précieuse : le portier, celui qui veille à la porte de la maison et la surveille. Il questionne, il ouvre ou ferme selon de qui il s’agit. Cette image du portier qui veille à la porte et attend la venue du maître a une postérité spirituelle immense. Depuis les Pères du Désert, elle nous invite à être le portier de notre cœur  pour veiller sur ce qui y entre et ce qui en sort. Une circulation intense de pensées, de réactions, de projets  emprunte notre porte intérieure, celle-là même où Jésus aussi vient frapper pour s’asseoir près de nous et prendre le repas avec nous (Ap 3, 20).

Dans cette première semaine de l’Avent, nous pourrions chaque soir nous poser deux questions :

• Qui a frappé aujourd’hui à la porte de mon cœur ? Qui l’a franchie et quel est le fruit de sa présence en moi ? Ami ? Paix, joie, désir d’aimer et d’avancer,… ? alors merci Seigneur, tu es venu.

Ou bien était-ce l’ennemi ? Ce qui me  mène au repli, à l’amertume, la tristesse, l’isolement,… Alors pardon Seigneur, viens me chercher !

• Qui ou quoi est sorti de mon cœur ? pensées, paroles, projets, réactions ? Et quels fruits produisent-ils ? Bonté, amour, pardon, justice,… alors merci Seigneur de ta présence ? Ou égarement, irritation, inconsistance, discorde,…, alors viens Seigneur, changer mon coeur ?

Mais plus que tout, souvenons-nous de ces deux paroles qui peuvent devenir notre prière :

• Isaïe: « C’est toi notre père… C’est toi qui nous façonnes : nous sommes tous l’ouvrage de ta main »

• Paul : « Aucun don de grâce ne vous manque, à vous qui attendez de voir se révéler notre Seigneur Jésus-Christ ».

Revue Christus